Associations, concernées ou pas.

Le statut loi 1901 ne décide de rien : c'est l'assujettissement à la TVA qui commande. L'administration a publié une fiche qui tranche, et elle contredit ce qu'on lit un peu partout.

L'équipe Faxio
Association loi 1901
L'essentiel

Une association n'est concernée que si elle est assujettie à la TVA. Une association non assujettie n'a aucune obligation, pas même celle de recevoir : la fiche de l'administration l'écrit en toutes lettres.

En résumé
  • Le statut loi 1901 ne décide de rien. Ce qui décide, c'est l'assujettissement à la TVA.
  • Une association non assujettie n'est concernée par rien, pas même par l'obligation de recevoir. La fiche de l'administration l'écrit en toutes lettres, contre ce qu'on lit un peu partout.
  • Les activités lucratives accessoires laissent hors du champ à quatre conditions cumulatives, dont un plafond de 81 051 € pour 2026.
  • Une association assujettie doit pouvoir recevoir au 1er septembre 2026, puis émettre et déclarer au 1er septembre 2027 au plus tard, ou dès 2026 si elle est de grande taille.
  • Exception : assujettie mais exonérée par les articles 261 à 261 E (formation professionnelle continue, location de locaux nus). Réception due, émission dispensée.
  • Facture électronique ou e-reporting ? C'est la qualité du client qui tranche, pas la nature de l'opération.

Le statut loi 1901 ne décide de rien. Ce qui décide, c'est l'assujettissement à la TVA, et sur ce point l'administration a publié une fiche qui tranche un cas que presque toutes les pages du web donnent faux : une association non assujettie n'a même pas l'obligation de recevoir.

Ce n'est pas la loi 1901 qui décide

Une association déclarée n'est ni exemptée, ni visée par principe. Le critère est le même que pour tout le monde, et il est posé dans qui est concerné par la réforme. La réforme concerne les entités assujetties à la TVA établies en France, et une association peut l'être comme elle peut ne pas l'être. Tout se joue là, et nulle part ailleurs. Si vous connaissez le régime de TVA de votre association, cinq questions suffisent à savoir ce qui vous incombe.

L'administration fiscale a publié une fiche dédiée, « Facturation électronique : je suis une association », dans sa version de juillet 2026. Elle y retient une typologie en trois cas, que cette page suit pas à pas.

Les trois types d'associations, au sens fiscal

  1. les associations à but non lucratif non assujetties à la TVA ;
  2. les associations à but non lucratif avec des activités lucratives accessoires ;
  3. les associations à but non lucratif assujetties à la TVA, et les associations à but lucratif assujetties.

Les deux premières ne sont pas concernées par la réforme. La troisième l'est entièrement, sauf exonération particulière. Le reste de cette page détaille chacun des trois.

Ce que dit la loi

L'obligation vise les entités assujetties à la TVA établies en France. Le caractère associatif n'entre pas dans le critère.

Concrètement

Posez-vous une seule question : mon association exerce-t-elle une activité lucrative, et à quelle hauteur ?

À retenir

Non assujettie veut dire non concernée. Y compris pour la réception, contrairement à ce qu'on lit partout.

Cas 1 : l'association sans activité lucrative

Une association à but non lucratif qui ne se livre à aucune opération à caractère onéreux ou lucratif n'est pas assujettie à la TVA. Elle n'est donc concernée par rien :

  • aucune obligation d'émettre des factures électroniques ;
  • aucune obligation de transmettre des données de transaction ou de paiement ;
  • et, point important, aucune obligation de recevoir des factures électroniques à compter du 1er septembre 2026.

Ce dernier point mérite d'être souligné, parce qu'il circule à l'envers. De nombreuses pages affirment qu'une association non assujettie doit tout de même être joignable pour ses fournisseurs. La fiche de l'administration écrit exactement l'inverse, en toutes lettres. Un fournisseur qui facture une association non assujettie ne fait pas de facturation électronique : il fait de l'e-reporting, comme pour n'importe quel client hors du circuit.

Cas 2 : les activités lucratives accessoires

Beaucoup d'associations vendent quelque chose sans pour autant devenir des entreprises : une buvette, une billetterie, un stand, quelques prestations. L'administration les laisse hors du champ de la TVA à quatre conditions cumulatives.

  • la gestion est désintéressée ;
  • les activités commerciales ne concurrencent pas le secteur privé ;
  • les activités non lucratives restent significativement prépondérantes, formule du BOFiP, plus large que le « part marginale » qu'emploie ailleurs la fiche ;
  • les recettes lucratives restent inférieures à 81 051 €, et le test porte sur deux années : l'année civile précédente et l'année en cours.

Ce seuil est celui de la franchise des impôts commerciaux ; il est indexé chaque 1er janvier sur la prévision d'inflation retenue par la loi de finances, en application du deuxième alinéa du b du 1° du 7 de l'article 261 du CGI. Les quatre conditions se cumulent : rester sous le seuil ne suffit pas si la gestion n'est pas désintéressée, ou si l'activité vient concurrencer une entreprise du secteur.

Une association qui remplit ces quatre conditions est non assujettie. Elle relève donc exactement du cas 1 : pas d'émission, pas d'e-reporting, pas d'obligation de réception.

Cas 3 : l'association assujettie à la TVA

Une association devient assujettie dès qu'une seule de ces conditions cesse d'être remplie : gestion qui n'est plus désintéressée, activités non lucratives qui ne sont plus prépondérantes, ou recettes lucratives au-dessus de 81 051 € sur l'année précédente ou sur l'année en cours. Elle est alors concernée par la réforme comme une entreprise ordinaire.

La réception, au 1er septembre 2026

Elle doit être en capacité de recevoir ses factures sous format électronique, ce qui suppose de choisir une plateforme agréée pour les réceptionner. Elle vaut quelle que soit la taille de l'association, et c'est la seule échéance de 2026 pour la très grande majorité d'entre elles : les associations considérées comme grandes entreprises ou entreprises de taille intermédiaire doivent, elles, émettre dès cette date.

L'émission, selon la taille

La fiche distingue deux calendriers :

Taille de l'associationÉmission et e-reporting
Grande entreprise ou entreprise de taille intermédiaire1er septembre 2026
Petite entreprise ou entreprise de taille moyenne1er septembre 2027 au plus tard

La très grande majorité des associations relèvent de la seconde ligne.

Facture électronique ou e-reporting, selon le client

C'est la partie qui surprend le plus, parce qu'une même association fait souvent les deux. Ce qui départage n'est pas la nature de l'opération, c'est la qualité du client.

  • Client professionnel assujetti établi en France : c'est une facture électronique, transmise par la plateforme, selon votre calendrier d'émission.
  • Client non assujetti, un particulier par exemple, ou assujetti à l'international : ce n'est pas une facture électronique, c'est une transmission des données de transaction.
  • Et si l'association réalise des prestations de services, s'ajoute une transmission des données de paiement, une fois la prestation payée.

Une association sportive qui encaisse des cotisations d'adhérents et facture par ailleurs un sponsor fera donc les deux, le même mois, pour deux opérations différentes. Et si elle facture une collectivité, c'est encore un troisième circuit : celui du secteur public, expliqué dans Chorus Pro et l'annuaire. Le détail du second dispositif est dans l'article sur l'e-reporting.

L'exception : les associations assujetties mais exonérées

Certaines associations sont assujetties tout en bénéficiant d'une exonération prévue aux articles 261 à 261 E du code général des impôts. Les cas les plus courants sont la formation professionnelle continue et la location de locaux nus à usage d'habitation.

Pour elles, la fiche est claire : ni obligation d'émettre des factures électroniques, ni obligation de transmettre des données de transaction ou de paiement. Mais elles doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques à compter du 1er septembre 2026.

C'est la seule catégorie qui a une obligation de réception sans obligation d'émission. Un organisme de formation associatif est l'exemple type.

Assujettie, et rien à émettre

Si votre association est concernée pour la seule réception, vous activez la facturation électronique, superPDP, plateforme agréée immatriculée par la DGFiP, devient votre plateforme de réception et déclare votre adresse à l'annuaire ; Faxio est le logiciel qui s'y connecte et vous présente vos factures fournisseurs, pour 5 € HT par mois.

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Le tableau, en clair

Votre associationRecevoirÉmettreE-reporting
Aucune activité onéreuse ou lucrativeNonNonNon
Activités lucratives accessoires sous les quatre conditionsNonNonNon
Activités lucratives principales, exonérées par les articles 261 à 261 EOuiNonNon
Activités lucratives principales, non exonéréesOuiOuiOui

Les deux pièges

Le franchissement du seuil

Une association peut basculer d'une ligne à l'autre sans l'avoir décidé. Une année de tournoi réussi, une billetterie qui marche, et les recettes lucratives passent au-dessus de 81 051 €. L'association devient assujettie, donc concernée, avec les obligations qui vont avec. Le basculement a une date précise, et elle n'est pas rétroactive : la perte de l'exonération prend effet « à compter du premier jour du mois suivant celui du dépassement », les recettes encaissées jusqu'au dernier jour de ce mois n'étant pas remises en cause. Une démarche est attendue dans la foulée : informer le service des impôts des entreprises « au cours du mois suivant celui du dépassement », ce qui évite d'avoir à régulariser la taxe plus tard. Le seuil étant réévalué chaque année, il vaut la peine d'être vérifié en début d'exercice plutôt qu'en fin.

La confusion entre subvention et prestation

Une subvention versée sans contrepartie directe n'est pas la rémunération d'une prestation : elle reste hors du champ de la TVA. Mais une convention qui décrit précisément ce que l'association doit livrer en échange ressemble beaucoup à un contrat de prestation, et l'administration la requalifie parfois. Ce n'est pas un sujet de facturation électronique à proprement parler. C'est un sujet qui décide de votre assujettissement, donc de tout le reste.

Ce que vous avez à faire

Trois questions, dans cet ordre, et vous aurez votre réponse :

  1. Mon association a-t-elle une activité lucrative ? Si non, vous n'avez rien à faire.
  2. Reste-t-elle accessoire, sous les quatre conditions et sous 81 051 € ? Si oui, vous n'avez rien à faire non plus.
  3. Sinon, l'activité est-elle exonérée par les articles 261 à 261 E ? Si oui, il vous faut seulement pouvoir recevoir, avant le 1er septembre 2026. Si non, il vous faut recevoir en 2026, puis émettre et déclarer en 2027, ou dès 2026 si votre association est considérée comme une grande entreprise ou une ETI.

Dans le doute, l'assujettissement se vérifie auprès de votre expert-comptable ou du service des impôts des entreprises. C'est un sujet fiscal avant d'être un sujet de facturation, et il commande tout le reste.

Cette page est rédigée à titre d'information générale et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Elle décrit le droit en vigueur à la date de mise à jour indiquée. Pour une situation particulière, rapprochez-vous de votre conseil ou de votre service des impôts des entreprises.

FAQ

Vos questions, nos réponses.

Les questions qui reviennent le plus sur ce sujet.

01
Une association loi 1901 est-elle concernée par la facturation électronique ?

Cela dépend uniquement de son assujettissement à la TVA, pas de son statut. Une association sans activité lucrative n'est concernée par rien. Une association dont les activités lucratives sont principales, ou dont les recettes lucratives dépassent 81 051 € en 2026, est assujettie et donc concernée.

02

Non. C'est le point que la plupart des pages donnent faux. La fiche « Facturation électronique : je suis une association » publiée par l'administration précise qu'une association non assujettie n'a pas non plus d'obligation de recevoir des factures électroniques à compter du 1er septembre 2026. Ses fournisseurs traiteront ces ventes en e-reporting.

03

81 051 € de recettes lucratives. Mais le seuil ne suffit pas : il faut aussi une gestion désintéressée, des activités commerciales qui ne concurrencent pas le secteur privé, et une part marginale dans le budget. Les quatre conditions se cumulent.

04

La formation professionnelle continue relève des exonérations prévues aux articles 261 à 261 E du CGI. Une association dans ce cas n'a ni facture électronique à émettre, ni donnée de transaction ou de paiement à transmettre, mais elle doit être en capacité de recevoir des factures électroniques à compter du 1er septembre 2026.

05

Non, c'est de l'e-reporting. Ce qui départage n'est pas la nature de l'opération mais la qualité du client. Vers un professionnel assujetti établi en France, c'est une facture électronique. Vers un particulier ou un client à l'international, c'est une transmission de données de transaction. Et pour une prestation de services s'ajoute une transmission des données de paiement, une fois la prestation payée.

06

Au 1er septembre 2026 si elle est considérée comme une grande entreprise ou une entreprise de taille intermédiaire. Au 1er septembre 2027 au plus tard si elle est considérée comme une petite entreprise ou une entreprise de taille moyenne, ce qui est le cas de la très grande majorité des associations.

07

Une subvention versée sans contrepartie directe n'est pas la rémunération d'une prestation et reste hors du champ de la TVA. En revanche, une convention qui décrit précisément ce que l'association doit livrer en échange peut être requalifiée en prestation de services. C'est un sujet fiscal, et il commande votre assujettissement, donc tout le reste.

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