Les grandes banques de réseau ne sont pas elles-mêmes plateformes agréées : elles passent par une filiale ou un partenaire. Leur offre est un abonnement logiciel sous leur marque, pas une extension de votre compte.
- Les grandes banques de réseau ne sont pas elles-mêmes plateformes agréées : elles passent par une filiale ou un partenaire.
- Cas d'école : Kolecto, filiale du groupe Crédit Agricole, qui figure en son nom sur la liste officielle des plateformes agréées.
- Plusieurs néobanques, dont Qonto, y figurent en revanche en leur nom propre et intègrent la facturation à leur offre.
- L'offre de votre banque est un abonnement logiciel sous sa marque, pas une extension de votre compte.
- Le vrai avantage d'une offre bancaire est le rapprochement automatique entre facture et encaissement. Il suppose une connexion au compte, que tous les outils n'ont pas, Faxio compris.
- Avant de signer : le nom de la plateforme, le périmètre, les limites, le tarif après, la reprise de vos données, et qui y accède dans le groupe.
Depuis des mois, les banques écrivent à leurs clients professionnels au sujet de la réforme. Voici ce qu'elles proposent réellement, pourquoi ce n'est presque jamais la banque elle-même qui s'en charge, et les questions à poser avant de signer.
Pourquoi la question se pose
Elle se pose parce que votre banque vous a écrit. Courriel, encart dans l'espace client, appel du conseiller : la réforme est devenue un argument commercial, et le raisonnement se tient. Votre banque connaît déjà vos encaissements, elle voit passer vos règlements clients, elle a une relation contractuelle avec vous. Le pas vers la facture paraît court.
Il l'est moins qu'il n'y paraît, et le montage réel mérite d'être compris avant de dire oui.
Votre banque n'est presque jamais la plateforme
Rappel utile : seule une plateforme agréée, c'est-à-dire un opérateur immatriculé par l'administration fiscale, peut faire circuler des factures électroniques entre professionnels. Or les grandes banques de réseau ne se sont pas immatriculées en leur nom propre.
Elles passent par une filiale ou par un partenaire. Ce que la banque vous vend n'est donc pas un service bancaire : c'est l'accès à une plateforme agréée, présentée sous sa marque, avec sa facturation et son conseiller.
Ce n'est ni un défaut ni une tromperie : l'administration range d'ailleurs la banque parmi les voies normales de raccordement, aux côtés du logiciel de gestion, du logiciel de comptabilité et de l'expert-comptable. Mais le montage change deux choses : ce n'est pas votre contrat bancaire qui vous couvre, et changer de banque ne veut pas dire changer de plateforme, ni l'inverse.
Un cas d'école : Crédit Agricole et Kolecto
C'est le montage le plus lisible du marché. Kolecto se présente comme une filiale du groupe Crédit Agricole, et non comme un simple partenaire. La liste officielle porte d'ailleurs deux entrées distinctes à son nom, toutes deux définitivement immatriculées : « KOLECTO PDP », dont le numéro a été délivré le 18 décembre 2025, et « KOLECTO PA », le 22 avril 2026.
Un mot sur les numéros, parce qu'ils circulent beaucoup : les fichiers publiés par l'administration n'en contiennent aucun. Ils donnent le nom commercial, l'adresse, le site, un courriel et la date de délivrance de l'immatriculation, rien d'autre. Les « numéros de PDP » qu'on lit sur les comparateurs ne viennent pas de là.
Sa grille, relevée sur son site, tient en quatre paliers. Gratuite pour les créateurs pendant les douze premiers mois. Puis 12 € HT par mois jusqu'à 3 salariés, 39 € de 4 à 9, 99 € à partir de 10. Chaque module supplémentaire se facture 15, 25 ou 30 € selon la tranche, et au-delà c'est « sur devis ». Les clients détenteurs d'un compte professionnel Crédit Agricole ou LCL bénéficient de tarifs privilégiés. C'est un vrai produit, indépendant du compte, qu'on peut souscrire sans être client du groupe.
Les autres grands réseaux fonctionnent de la même façon : une filiale spécialisée, ou l'adossement à un éditeur tiers. Retenez le principe plutôt que la liste, qui bouge, et posez la question à votre conseiller.
L'article 289 bis du code général des impôts réserve l'émission, la transmission et la réception des factures électroniques aux plateformes immatriculées par l'administration.
Demandez le nom exact de la plateforme derrière l'offre, et vérifiez sur laquelle des deux listes officielles elle figure.
L'offre de votre banque est un abonnement logiciel présenté sous sa marque, pas une extension de votre compte.
Le cas des néobanques
Il est différent, et c'est ce qui rend la comparaison trompeuse. Plusieurs acteurs récents figurent en leur nom propre sur la liste officielle et intègrent la facturation à leur offre, parfois sans surcoût affiché.
Qonto en est l'exemple le plus visible : son immatriculation a été délivrée le 18 décembre 2025, et son site annonce une « Plateforme Agréée gratuite pour envoyer et recevoir des factures », mais la grille tarifaire, elle, démarre à 9 € HT par mois. Attention au vocabulaire, cela dit : Qonto écrit lui-même n'être « pas une banque, mais un établissement de paiement supervisé par la Banque de France ». Shine figure aussi sur la liste officielle en son nom propre, immatriculation délivrée le 21 mai 2026 : porter une marque connue et être immatriculé soi-même ne s'excluent pas.
Le raisonnement « ma banque s'en occupe » est donc parfois exact, et parfois inexact, selon l'établissement. C'est précisément pourquoi il faut poser la question au lieu de la supposer.
Ce que ça a de bien
- Un interlocuteur de moins. Une facture, un contrat, un conseiller déjà identifié.
- Le rapprochement bancaire. C'est l'argument le plus solide, et il est réel : quand la facture et l'encaissement vivent au même endroit, le lettrage se fait tout seul. Aucun outil de facturation non adossé à un compte ne peut l'égaler sans connexion bancaire.
- Un tarif souvent réduit pour les clients de la banque, la facturation servant de produit d'attachement.
Ce qu'on ne vous dit pas toujours
- Vous liez deux décisions qui n'ont rien à voir. Changer de banque devient plus lourd si votre historique de factures y est logé, et inversement.
- Lisez les conditions de la gratuité. Chez Kolecto, elle vaut douze mois et ne s'adresse qu'aux entreprises nouvellement créées. Chez d'autres, elle est réservée aux clients, limitée en volume ou restreinte à certaines fonctions. Ailleurs encore, elle est réellement sans condition : Indy annonce l'émission et la réception gratuites, « sans limite ». Chez Qonto, la facturation électronique est incluse sans surcoût dans un abonnement payant, dont le premier palier est à 9 € HT par mois. Le mot ne veut rien dire tant qu'on n'a pas lu ce qu'il y a dessous.
- Le périmètre est rarement complet. Réception, émission, e-reporting, devis, relances : vérifiez lesquels sont inclus, plutôt que de supposer.
- Demandez comment vous récupérez vos données le jour où vous partez, et dans quel format. C'est la question qu'on pense à poser en dernier, et celle dont la réponse coûte le plus cher quand elle arrive trop tard.
- Vos données de facturation ne sont pas vos données bancaires. Elles disent ce que vous vendez, à qui, à quel prix, et avec quels délais de paiement. Savoir qui les détient et à quelles fins est une question légitime.
Faxio est le logiciel ; la plateforme agréée est superPDP, immatriculée par la DGFiP. Ni l'un ni l'autre n'est lié à votre banque, et la formule mensuelle se résilie au mois. Vos factures ne dépendent d'aucun établissement bancaire.
Les six questions à poser avant de signer
- Quel est le nom exact de la plateforme agréée derrière l'offre, et sur laquelle des deux listes de l'administration figure-t-elle ? Il y a celle des opérateurs qui ont passé les tests d'interopérabilité, et celle de ceux qui les attendent encore.
- Que couvre l'abonnement : réception seule, émission, e-reporting, devis ?
- Quelles sont les limites : nombre de factures, nombre d'utilisateurs, durée de conservation ?
- Que devient le tarif si je quitte la banque, ou si mon activité grandit ?
- Comment je récupère mes factures et mes données si je pars, et dans quel format ?
- Qui accède à mes données de facturation à l'intérieur du groupe, et pour quel usage ?
Les deux dernières sont celles qu'on oublie, et ce sont celles qui coûtent le plus cher quand la réponse arrive trop tard.
Si vous ne passez pas par votre banque
Vous ne perdez rien d'essentiel. Un logiciel de facturation raccordé à une plateforme agréée fait la même chose, s'accommode de n'importe quelle banque, et laisse vos deux décisions indépendantes l'une de l'autre.
Un point mérite d'être dit franchement, parce qu'il joue contre nous : le rapprochement automatique entre facture et encaissement est un vrai avantage de l'offre bancaire, et Faxio ne le fait pas. Nous stockons votre IBAN pour l'imprimer sur vos factures, nous ne nous connectons pas à votre compte. Si le lettrage automatique est votre priorité, l'offre de votre banque, ou un outil doté d'une connexion bancaire, la remplira mieux que nous.
Et si votre besoin de 2026 se limite à être joignable, une offre de réception seule suffit : quelques euros par mois, sans changer quoi que ce soit à vos habitudes ni à votre banque.
Cette page est rédigée à titre d'information générale et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Elle décrit le droit en vigueur à la date de mise à jour indiquée. Pour une situation particulière, rapprochez-vous de votre conseil ou de votre service des impôts des entreprises.