C'est quoi une plateforme agréée.

Un opérateur immatriculé par l'administration, seul autorisé à faire circuler les factures entre professionnels. Et une bonne nouvelle : la plupart des indépendants n'auront jamais à en choisir une.

L'équipe Faxio
Plateforme agréée
L'essentiel

Une plateforme agréée est un opérateur immatriculé par l'administration, seul autorisé à transmettre les factures entre professionnels. Si votre logiciel de facturation en utilise une, vous n'avez rien à choisir.

En résumé
  • Une plateforme agréée est un opérateur immatriculé par l'administration, seul autorisé à faire circuler les factures entre professionnels.
  • Vous n'avez pas à en choisir une si votre logiciel de facturation en utilise déjà une. C'est le cas de la plupart des indépendants.
  • Le sigle PDP a disparu au profit de « plateforme agréée », terme déjà employé par l'administration en juin 2026 et repris par le décret du 27 juillet 2026.
  • Le portail public gratuit d'émission et de réception n'existe plus : abandonné en octobre 2024, acté par le décret du 27 juillet 2026. Il ne reste du PPF que l'annuaire central.
  • 166 plateformes au 31 août 2026, dont 150 définitivement immatriculées et 16 encore en attente des tests d'interopérabilité. Seule la liste de l'administration fait foi.
  • Un fournisseur ne peut pas vous imposer son format ni sa plateforme.

Une plateforme agréée est un opérateur immatriculé par l'administration, seul autorisé à faire circuler les factures entre professionnels. La bonne nouvelle : dans la majorité des cas, vous n'avez pas à en choisir une vous-même.

Ce que c'est

Une facture entre assujettis français cesse de voyager librement le jour où son émetteur bascule : le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, le 1er septembre 2027 pour les TPE, PME et micro-entreprises. Elle passe alors par un opérateur privé immatriculé par l'administration fiscale, qui vérifie qu'elle est conforme, la met au bon format, la transmet à la plateforme du destinataire et envoie à l'administration les données qui lui reviennent.

En somme, la plateforme agréée est le facteur du dispositif. Si vous facturez avec un logiciel, vous ne lui parlez pas : c'est votre logiciel qui lui parle.

PDP, PA, PPF : pourquoi le vocabulaire a changé

Le sujet traîne trois sigles. Un seul est périmé, mais le rôle d'un autre a changé du tout au tout.

  • PDP, « opérateur de plateforme de dématérialisation partenaire », était le nom d'origine. C'est le sigle périmé : il est remplacé par plateforme agréée. L'administration l'a inscrit dans la loi de finances pour 2026 : depuis le 21 février 2026, le I de l'article 289 bis dit « plateforme agréée ». Le décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026 n'a fait que le répercuter dans les textes réglementaires.
  • PA est l'abréviation de ce nouveau nom, celle qu'emploient les listes officielles.
  • PPF, le portail public de facturation, existe toujours, mais pas dans le rôle annoncé. Il devait être une plateforme publique et gratuite d'émission et de réception : cette fonction a été abandonnée en octobre 2024, et le décret du 27 juillet 2026 a acté l'architecture finale. Il tient désormais l'annuaire central, et c'est tout : depuis le décret du 27 juillet 2026, le recueil des données par l'administration « s'effectue au moyen d'une solution dédiée », où le portail public n'est plus nommé. Le détail, et ce que devient Chorus Pro, sont dans leur propre article.

Beaucoup de pages en ligne datent d'avant ce changement. Si vous lisez qu'il existe un service public gratuit pour émettre vos factures, vous lisez un texte périmé.

Ce que dit la loi

L'article 289 bis du code général des impôts réserve l'émission, la transmission et la réception des factures électroniques aux plateformes immatriculées, et confie l'annuaire central à l'administration.

Concrètement

Vous en avez besoin d'une. Vous n'avez pas forcément à la choisir.

À retenir

Le portail public gratuit d'émission et de réception n'existe plus. Il ne reste que l'annuaire.

Ce qu'elle fait pour vous

  1. Elle déclare votre adresse de réception dans l'annuaire. Votre entreprise y est déjà référencée du seul fait qu'elle est assujettie ; ce qui manque, c'est l'adresse qui pointe vers une plateforme, et c'est elle qui la pose.
  2. Elle reçoit les factures de vos fournisseurs et vous les présente.
  3. Elle émet les vôtres, au format structuré, vers la plateforme de votre client.
  4. Elle transmet à l'administration les données de facturation et, le moment venu, celles de votre e-reporting.

Les quatre missions vont ensemble : une plateforme agréée doit savoir tout faire, la définition officielle est cumulative. En revanche l'offre commerciale qu'on vous vend peut n'en couvrir qu'une partie. Une offre de réception seule, adossée à une plateforme agréée, fait le premier et le deuxième point : c'est exactement l'obligation qui pèse sur une TPE ou une micro-entreprise en septembre 2026.

Combien y en a-t-il

166 au 31 août 2026, et le compte monte de semaine en semaine. Mais ce total recouvre les deux listes que l'administration publie aujourd'hui, et la distinction compte :

  • 150 opérateurs satisfont à l'ensemble des conditions, tests d'interopérabilité compris. Ce sont les immatriculations définitives ;
  • 16 opérateurs ont déposé un dossier complet et conforme, mais attendent encore leur immatriculation définitive, conditionnée à la réussite de ces tests.

Méfiez-vous des chiffres qui circulent sans date ni périmètre. On lit encore 137, qui était le décompte de fin juin, et des relevés de la mi-août qui ne retiennent qu'une des deux listes. La seule qui fasse foi est celle publiée par l'administration fiscale ; les autres sont des recopies, plus ou moins à jour, parfois enrichies de partenariats commerciaux.

Vous y trouverez des noms connus, parce que la plupart des éditeurs de logiciels de comptabilité et plusieurs banques s'y sont immatriculés. Ce n'est pas un signe de qualité en soi. L'immatriculation atteste trois choses, et aucune ne dit ce que vaut le service. Depuis le décret du 27 juillet 2026, elles s'appuient sur des exigences précises : qualification SecNumCloud de l'ANSSI ou procédure engagée, certification ISO/IEC 27001 en cours de validité, exploitation depuis un État membre, aucun transfert hors de l'Union. Les trois attestations sont : la conformité fiscale de l'opérateur, la sécurité de ses infrastructures et de ses données, et son interopérabilité technique avec le portail public et les autres plateformes.

Devez-vous en choisir une ?

Presque jamais, si vous utilisez un logiciel de facturation. Votre outil est raccordé à une plateforme agréée, il déclare votre adresse de réception et fait circuler vos factures sans que vous ayez à la démarcher. Vous la désignez tout de même, et nommément : depuis le décret du 27 juillet 2026, l'article 242 nonies E bis exige un accord formel « daté et signé par l'assujetti destinataire des factures électroniques ou son mandataire », portant « les données d'identification de la plateforme agréée désignée ». C'est le cas le plus courant chez les indépendants et les petites entreprises.

Vous choisissez une plateforme directement dans deux situations :

  • vous n'utilisez aucun logiciel de facturation, et vous voulez seulement pouvoir recevoir ;
  • votre organisation est assez grande pour vouloir une plateforme unique raccordée à plusieurs outils internes.

Le premier cas est le plus fréquent chez les indépendants, et c'est exactement ce que couvre une offre de réception seule.

Une plateforme agréée, sans en choisir une

superPDP, plateforme agréée immatriculée par la DGFiP, transmet vos factures et vos données ; Faxio est le logiciel qui s'y connecte et prépare les envois. Vous n'avez aucun choix technique à faire : vous activez la facturation électronique, et le raccordement se fait pour vous.

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Si vous devez en choisir une, regardez quoi

Le prix affiché est le plus mauvais critère qui soit, parce que c'est celui qui change le moins avec l'usage. Quatre points comptent davantage.

  • Ce qui est inclus, et jusqu'où. Un nombre de factures, un nombre d'utilisateurs, l'accès au PDF de vos documents : ces limites décident du prix réel la deuxième année.
  • Ce que vous garde une plateforme quittée. La loi garantit des services minimaux pendant au moins un an (article 289 bis, III), et l'article 242 nonies E quater ajoute que l'ancienne plateforme fournit sur demande, « dans un délai de cinq jours ouvrés à compter de la réception de la demande », toute information permettant d'assurer la continuité de l'activité. La restitution de vos factures dans un format exploitable, en revanche, n'est imposée par aucun texte : c'est un point de contrat, à regarder avant de signer.
  • Le périmètre exact. Réception seule, émission, e-reporting : les trois ne sont pas toujours au même tarif, ni toujours inclus.
  • Ce que vous facturez déjà. Si votre logiciel actuel est raccordé, la question ne se pose pas ; vérifiez-le avant de souscrire un service séparé.

Votre fournisseur ne peut rien vous imposer

Question qui revient souvent, et la réponse est nette : un fournisseur ne peut pas vous imposer un format d'échange, ni sa propre plateforme. L'administration l'écrit explicitement.

C'est l'arrêté du 27 juillet 2026 qui impose un socle de formats commun à toutes les plateformes, autour de trois syntaxes exprimant la norme européenne EN 16931. Le socle n'est donc pas une initiative de marché : il est écrit dans le texte, et c'est lui qui garantit qu'une facture émise depuis une plateforme arrive sur une autre. Une réserve tout de même : les tests d'interopérabilité en conditions réelles conditionnent l'immatriculation définitive, et seize opérateurs ne les ont pas encore passés.

La question suivante vient naturellement : et si la mienne perdait son immatriculation ? Le cas est organisé par l'article 1788 E du code général des impôts. Le retrait « prend effet à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de sa notification », et la plateforme « en informe ses clients dans un délai d'un mois ». S'y ajoutent les garanties de mobilité créées par le décret du 27 juillet 2026 : services minimaux maintenus un an, information de continuité fournie « dans un délai de cinq jours ouvrés », et documentation de mobilité mise à disposition « gratuitement et sans condition ». L'administration doit par ailleurs publier la liste des immatriculations retirées, à côté de celle des plateformes agréées.

Ce qu'on risque à ne pas en avoir

Une sanction existe, et elle vise précisément l'absence de plateforme de réception. L'administration adresse une mise en demeure, puis une amende de 500 € trois mois plus tard, portée à 1 000 € par période de trois mois, chacune ouverte par une nouvelle mise en demeure restée sans effet. Contrairement aux autres amendes de l'article 1737, celle-ci n'a aucun plafond annuel, et l'exonération de première infraction ne la couvre pas.

Elle ne tombe donc pas le 2 septembre 2026, et l'administration a annoncé une approche de démarrage : pas de sanction pour une entreprise en difficulté réelle, documentée, et engagée dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité. Son guide pose immédiatement les deux limites : « Cette approche ne constitue ni un report ni une suspension de l'obligation », et elle « ne couvre pas les comportements consistant à ignorer durablement l'obligation ».

L'effet commercial, lui, est immédiat. Sans plateforme, aucune adresse de réception ne pointe vers vous dans l'annuaire, et la facture de votre client ne peut pas emprunter le circuit électronique. Elle pourra encore vous parvenir par un canal habituel, courriel ou papier : le guide de l'administration le prévoit pour éviter les blocages de trésorerie. Mais c'est à votre client de faire cet effort, chaque fois, pour vous.

Cette page est rédigée à titre d'information générale et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Elle décrit le droit en vigueur à la date de mise à jour indiquée. Pour une situation particulière, rapprochez-vous de votre conseil ou de votre service des impôts des entreprises.

FAQ

Vos questions, nos réponses.

Les questions qui reviennent le plus sur ce sujet.

01
C'est quoi une plateforme agréée ?

C'est un opérateur privé immatriculé par l'administration fiscale, seul autorisé à faire circuler les factures électroniques entre assujettis. Elle déclare votre adresse de réception dans l'annuaire, reçoit vos factures fournisseurs, émet les vôtres au format structuré et transmet à l'administration les données qui lui reviennent.

02

« PDP », opérateur de plateforme de dématérialisation partenaire, est l'ancien nom ; il est remplacé par plateforme agréée, en abrégé PA. L'administration employait déjà ce terme en juin 2026, et le décret du 27 juillet 2026 l'a répercuté dans les textes réglementaires. Le PPF, portail public de facturation, devait être une plateforme publique gratuite d'émission et de réception : cette fonction a été abandonnée en octobre 2024, et le décret a acté son recentrage sur l'annuaire central et la transmission des données. Les pages qui décrivent encore un service public gratuit sont périmées.

03

Presque jamais si vous utilisez un logiciel de facturation : il est raccordé à une plateforme et déclare votre adresse de réception sans avoir à la démarcher, mais vous la désignez par un accord formel signé. Vous en choisissez une directement dans deux cas : vous n'utilisez aucun logiciel et voulez seulement pouvoir recevoir, ou votre organisation veut une plateforme unique raccordée à plusieurs outils.

04

166 au 31 août 2026, et le nombre augmente. Le total se lit sur deux listes distinctes : 150 opérateurs satisfont à toutes les conditions, tests d'interopérabilité compris, et 16 attendent encore leur immatriculation définitive. Méfiez-vous des chiffres sans date : 137 était le décompte de fin juin, et plusieurs relevés ne retiennent qu'une des deux listes. Seule la liste publiée par l'administration fiscale fait foi.

05

Non. L'administration est explicite : un fournisseur ne peut pas vous imposer un format d'échange. C'est vous qui retenez votre plateforme de réception, et l'arrêté du 27 juillet 2026 impose à toutes les plateformes un socle de formats commun, ce qui les rend capables de se comprendre.

06

Il n'est plus une plateforme du tout. L'émission et la réception gratuites ont été abandonnées en octobre 2024, et le décret du 27 juillet 2026 a acté son recentrage sur l'annuaire central et la transmission des données à l'administration. Il n'existe donc pas de solution publique gratuite pour émettre ou recevoir vos factures.

07

Par SUPER PDP, qui figure sur la liste des plateformes agréées de l'administration, tests d'interopérabilité compris. Vous n'avez aucun choix technique à faire : vous activez la facturation électronique, ce qui la désigne comme votre plateforme, et Faxio s'occupe du reste.

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