Recevoir une facture électronique suppose une seule chose : que votre SIREN figure dans l'annuaire de la facturation électronique, rattaché à une plateforme agréée. L'annuaire se consulte librement, et un logiciel raccordé fait l'inscription pour vous.
- Recevoir ne veut pas dire ouvrir un fichier. Ça veut dire être joignable : votre SIREN doit être rattaché à une plateforme agréée dans l'annuaire.
- L'annuaire central est tenu par l'administration et se consulte librement, sans compte, par SIREN, SIRET ou raison sociale.
- Trois étapes : avoir une plateforme agréée, valider le mandat qui la désigne, vérifier que vous figurez à l'annuaire. Quelques minutes si vous avez déjà un logiciel.
- Un fournisseur ne peut pas vous imposer son format. C'est vous qui choisissez votre plateforme de réception.
- Ne pas désigner de plateforme est sanctionné : mise en demeure, puis 500 € trois mois plus tard, puis 1 000 € par trimestre.
- Seuls les non-assujettis y échappent, une association sans activité lucrative par exemple. Ils n'ont aucune démarche à effectuer.
C'est la seule obligation du 1er septembre 2026, et elle ne demande ni logiciel, ni changement d'habitude. Elle demande une chose : que votre SIREN soit rattaché à une plateforme agréée dans l'annuaire de la facturation électronique.
Ce que « recevoir » veut dire exactement
Le mot induit en erreur. Il ne s'agit pas de savoir ouvrir un fichier, ni de disposer d'une boîte aux lettres particulière. Il s'agit d'être joignable : quand votre fournisseur émettra sa facture, son logiciel devra pouvoir déterminer où l'envoyer.
Toute la mécanique tient là. Il n'existe pas d'adresse universelle pour les factures électroniques ; il existe un annuaire, et une plateforme derrière chaque entrée. Si votre entreprise n'y figure pas, la facture de votre fournisseur n'a nulle part où aller.
L'annuaire, la pièce centrale du dispositif
L'annuaire central de la facturation électronique est prévu à l'article 289 bis du code général des impôts et tenu par l'administration. Le décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026 a d'ailleurs recentré le portail public sur ce rôle : il n'émet ni ne reçoit plus de factures, il sert d'annuaire et transmet les données.
Son fonctionnement se résume en une phrase : à partir d'un identifiant d'entreprise, il indique quelle plateforme agréée reçoit ses factures. C'est l'aiguillage de tout le système.
- La clé de routage est votre SIREN, ou votre SIRET quand la facture doit arriver à un établissement précis.
- Il référence les structures que l'administration identifie comme assujetties à la TVA, ainsi que les entités publiques.
- Il se consulte librement, sans compte, par SIREN, SIRET ou raison sociale.
Ce dernier point a une conséquence commerciale directe : vos clients peuvent vérifier si vous êtes joignable, et vous pouvez vérifier s'ils le sont.
Toute entreprise assujettie à la TVA établie en France doit être en mesure de recevoir des factures sous forme électronique à compter du 1er septembre 2026. Cela suppose de désigner une plateforme agréée pour les réceptionner.
Une inscription, une fois. Ce n'est pas un chantier, mais c'est bloquant tant que ce n'est pas fait.
Recevoir ne veut pas dire ouvrir un fichier. Ça veut dire être trouvable dans l'annuaire.
Les trois étapes
- Avoir une plateforme agréée. Soit vous en choisissez une directement, soit vous passez par un logiciel de facturation qui en utilise une. Le second cas est celui de la plupart des indépendants, et c'est le plus simple : vous ne choisissez rien, votre outil s'en charge.
- Valider le mandat qui la désigne comme votre plateforme de réception. C'est elle qui vous rattache ensuite à l'annuaire ; vous n'avez pas de démarche à faire auprès de l'administration.
- Vérifier que vous y figurez. Une consultation de l'annuaire par votre SIREN suffit à le confirmer.
Comptez quelques minutes si vous avez déjà un logiciel, quelques jours si vous devez d'abord en choisir un. Il n'y a rien à installer, aucune donnée à migrer, aucune facture passée à reprendre.
Un cas mérite d'être connu, parce qu'il bloque net et qu'on ne le lit nulle part : si votre SIREN n'est pas référencé dans l'annuaire, la plateforme ne peut pas vous y rattacher. Cela arrive sur des entreprises récentes ou dont la situation fiscale n'est pas encore à jour. Le déblocage passe alors par votre service des impôts des entreprises, pas par la plateforme. C'est une raison de plus de s'y prendre avant l'été plutôt qu'en août.
Vérifier que vous y êtes, et vérifier vos clients
L'annuaire étant public, deux vérifications valent d'être faites avant l'échéance.
La première vous concerne : cherchez votre SIREN. Certaines entreprises y figurent déjà sans le savoir, inscrites par leur expert-comptable ou par un outil qu'elles utilisent au quotidien.
La seconde concerne vos clients professionnels. À partir de votre échéance d'émission, une facture destinée à un client absent de l'annuaire ne pourra pas partir. Autant le découvrir en amont qu'au moment de facturer.
Sous quelle forme la facture vous arrive
Dans un format structuré, c'est-à-dire un fichier lisible par une machine, et non un PDF mis en page à la main. Le socle minimal commun à toutes les plateformes retient trois formats, qui expriment tous la même norme européenne EN 16931 :
- Factur-X, un PDF/A-3 lisible à l'œil avec un fichier XML embarqué ;
- UBL, entièrement XML, sans représentation visuelle ;
- CII, entièrement XML lui aussi.
Vous n'avez pas à choisir entre eux : votre plateforme convertit d'un format à l'autre. Vous pouvez émettre en Factur-X vers un client qui reçoit en UBL.
Un point rassure souvent : un fournisseur ne peut pas vous imposer son format. L'administration est explicite là-dessus. Vous choisissez votre plateforme de réception en fonction des formats qui vous conviennent, et les plateformes agréées proposent un socle commun qui garantit qu'elles se comprennent entre elles.
En pratique, vous verrez ce que votre plateforme vous montre : le plus souvent une facture à l'écran, comme aujourd'hui, avec les données déjà remplies derrière.
Si c'est votre comptable qui reçoit vos factures
Cas fréquent et rarement traité. Quand un prestataire gère vos factures fournisseurs, la facture reste libellée à votre nom mais doit être adressée à ce prestataire.
Le format prévoit exactement cela : un bloc « INVOICEE », qui permet d'indiquer un destinataire différent du client acheteur. Vous accédez à la facture et à ses données au même titre que votre prestataire.
À noter, parce que la question revient : un compte-rendu de facturation ou une facture récapitulative envoyés par ce prestataire sont hors du champ de la facturation électronique et n'ont pas à transiter par une plateforme agréée.
Vous validez le mandat désignant superPDP comme votre plateforme agréée, votre SIREN est déclaré à l'annuaire, et Faxio réceptionne vos factures fournisseurs, pour 5 € HT par mois. Vous n'avez aucune plateforme à choisir.
Qui doit le faire, et qui n'a rien à faire
L'obligation vise les assujettis à la TVA établis en France, sans seuil de taille ni de chiffre d'affaires. Le plus petit indépendant y est tenu au même titre qu'un groupe de mille salariés.
Elle vise aussi ceux qui n'émettront jamais de facture électronique : un professionnel de santé dont les actes sont exonérés, une SCI qui loue des logements nus, une entreprise qui ne facture que des particuliers. Tous achètent, donc tous reçoivent.
Une seule catégorie y échappe vraiment : les non-assujettis. Une association sans activité lucrative, par exemple, n'a aucune démarche à effectuer, pas même celle-ci. Ses fournisseurs traiteront ces ventes en e-reporting. Le cas est développé dans l'article sur les associations, et le détail du critère dans celui sur les entreprises sans TVA.
Ce qu'on risque à ne pas le faire
Contrairement à ce qu'on lit souvent, il existe bien une sanction, et elle vise précisément la réception. Le mécanisme est graduel :
- l'administration adresse une mise en demeure de désigner une plateforme agréée ;
- sans régularisation, une amende de 500 € tombe trois mois plus tard ;
- elle est portée à 1 000 € par période de trois mois supplémentaire tant que la situation persiste.
Elle ne tombe donc pas le 2 septembre. Mais le risque commercial, lui, arrive bien avant : un client qui ne peut pas vous adresser sa facture vous relancera une fois, deux fois, puis traitera avec un fournisseur qu'il peut adresser sans y penser.
Combien ça coûte
C'est l'obligation la moins chère du dispositif, parce qu'il n'y a rien à produire : seulement une boîte aux lettres à tenir. Les offres de réception seule se comptent en quelques euros par mois. Chez Faxio, la formule Réception est à 5 € HT par mois.
Si vous prenez de toute façon un logiciel de facturation, la réception y est en général incluse, et la question ne se pose plus. Le bon réflexe est de vérifier ce point avant de souscrire un service de réception à part.