La facture d'acompte, puis celle du solde.

Quand elle est due, ce qu'elle doit porter, et la règle de TVA qui a changé en 2023. Puis la façon de facturer le solde sans collecter la taxe une deuxième fois.

L'équipe Faxio
La TVA a changé en 2023
L'essentiel

Un acompte encaissé d'un client professionnel doit être facturé. Encaissé d'un particulier, l'obligation fiscale ne s'applique pas, mais une note reste due au particulier dès 25 € TTC. Sur la TVA, la règle a changé : depuis le 1er janvier 2023, un acompte sur une vente de biens rend la taxe exigible dès l'encaissement, comme c'était déjà le cas pour les services. La facture d'acompte prend un numéro dans la séquence commune, et peut omettre ce qui n'est pas encore connu. Le solde, lui, déduit l'acompte dans la base hors taxes : le déduire en TTC tout en bas collecte la TVA deux fois, et cette TVA de trop est due parce qu'elle est écrite.

En résumé
  • Client professionnel, facture obligatoire. Le code général des impôts vise expressément les acomptes. Face à un particulier, l'obligation fiscale ne s'applique pas, mais une note reste due dès 25 € TTC, et sur des travaux immobiliers elle peut attendre le paiement du solde.
  • Depuis le 1er janvier 2023, un acompte sur une vente de biens rend la TVA exigible dès l'encaissement. Pour les services, c'était déjà le cas. Dans les deux cas, l'acompte porte donc de la TVA. Méfiez-vous des pages qui écrivent encore qu'un acompte sur marchandises n'en porte pas : elles sont d'avant 2023.
  • C'est une facture ordinaire : mêmes mentions, numéro dans la séquence commune, sans série à part. Elle peut omettre la quantité ou le prix exact tant qu'ils ne sont pas connus.
  • Le solde déduit l'acompte dans la base hors taxes, jamais en TTC tout en bas. Sinon la TVA est collectée deux fois, elle est due parce qu'elle est écrite, et le client ne peut pas la déduire.
  • Affaire annulée : la TVA se récupère après rectification de la facture, et l'annulation se date au remboursement de l'acompte, pas au désistement du client.

Faut-il vraiment faire une facture pour un acompte ?

Cela dépend de qui vous encaissez, et la réponse n'est pas la même des deux côtés. Quand l'acompte vient d'un client professionnel, la réponse est oui, sans discussion : le code général des impôts oblige tout assujetti à s'assurer qu'une facture est émise « pour les acomptes qui lui sont versés » avant que la livraison ou la prestation soit faite. Même règle pour une personne morale non assujettie, une association ou une collectivité par exemple.

Quand l'acompte vient d'un particulier, l'obligation fiscale de facturation ne s'applique pas. C'est écrit dans la doctrine : elle « ne concerne pas les assujettis qui livrent des biens ou rendent des services à des particuliers ». L'amende du défaut de facture ne vise pas ces opérations non plus. Cela ne veut pas dire qu'il ne vous est rien demandé. Pour un service rendu à un particulier, une note lui est due dès 25 € TTC, après la prestation et avant le paiement ; sur des travaux immobiliers, elle peut n'être remise qu'au paiement du solde. Et en pratique, une facture d'acompte reste le meilleur moyen de justifier ce que vous avez encaissé, le jour où le client conteste.

Si vous êtes en franchise en base, rien ne vous dispense de facturer : la franchise vous évite de collecter la TVA, elle ne vous retire pas la qualité d'assujetti. Votre facture d'acompte porte donc la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI », et surtout, elle ne doit faire apparaître aucune TVA. Une TVA écrite par erreur devient due du seul fait qu'elle est écrite, ce qui est la façon la plus coûteuse de se tromper. Le détail des cas est dans l'article sur les factures sans TVA.

Son montant, en revanche, ne relève d'aucune règle. Le « 30 % à la commande » qu'on voit partout est un usage, pas un texte : vous fixez ce que vous voulez, et le client l'accepte ou non. Quelques situations font exception. Un contrat signé hors de vos locaux, chez le client par exemple, interdit d'encaisser quoi que ce soit pendant les sept jours qui suivent, sauf pour des travaux d'entretien ou de réparation urgents qu'il vous a expressément demandés. Un stand de foire ou de salon, lui, n'est pas « hors établissement ». Un achat financé par un crédit affecté interdit tout acompte tant que le client n'a pas accepté son crédit. Et une vente en l'état futur d'achèvement suit un échelonnement chiffré par la loi.

La TVA de l'acompte, et ce qui a changé en 2023

La règle dépend de ce que vous vendez, et elle a bougé récemment.

Pour une prestation de services, rien n'a changé : la TVA est exigible « lors de l'encaissement des acomptes », depuis toujours. Vous encaissez, vous déclarez.

Pour une livraison de biens, la TVA n'était autrefois due qu'à la livraison, et un acompte n'y changeait rien. Ce n'est plus vrai. Depuis le 1er janvier 2023, un acompte encaissé sur une vente de biens rend la TVA exigible immédiatement, à hauteur de ce qui est encaissé. Le changement vient de la loi de finances pour 2022 et il s'applique aux acomptes encaissés à partir de cette date, y compris sur des contrats déjà en cours.

Ce que dit la loi

« Le 8° du I du présent article entre en vigueur le 1er janvier 2023. Il s'applique aux acomptes encaissés à compter de cette même date. » Le motif officiel de la mesure est la mise en conformité avec la directive européenne sur la TVA.

Concrètement

Que vous vendiez des heures ou des marchandises, l'acompte que vous encaissez porte de la TVA. La distinction entre les deux ne change plus le résultat.

Trois précisions qui évitent des ennuis. Ce qui déclenche la TVA, c'est l'encaissement, pas l'émission de la facture. Mais l'inverse est vrai aussi, et il est impitoyable : dès qu'une TVA est écrite sur une facture, elle est due parce qu'elle y est écrite. Enfin, si vous avez opté pour le paiement de la TVA d'après les débits, l'option ne repousse rien : elle ne peut pas retarder l'exigibilité.

Quand la commande porte plusieurs taux, aucun texte ne dit comment ventiler un acompte unique. Ce qui est exigé, en revanche, c'est que la facture fasse apparaître le total hors taxes et la taxe correspondante pour chaque taux. La façon prudente d'y arriver est donc de répartir l'acompte entre les taux, au prorata des bases de la commande, plutôt que de le poser en bloc sur un seul.

Ce que la facture d'acompte porte, et ce qu'elle peut omettre

C'est une facture, avec les mêmes mentions obligatoires que les autres : votre identité, celle du client, la date, un numéro, la nature de l'opération, les montants par taux de TVA. Le socle est le même, et il ne se négocie pas.

Une souplesse existe, et elle est logique. Au moment de l'acompte, la quantité exacte ou le prix définitif ne sont pas toujours connus : la doctrine admet qu'une facture d'acompte ne porte pas l'ensemble des mentions quand l'information n'existe pas encore. C'est la facture de solde qui portera les données définitives.

Le numéro, lui, ne se négocie pas non plus. Une facture d'acompte prend son numéro dans la même séquence continue que vos autres factures. Une série à part n'est pas interdite pour autant : l'administration en admet plusieurs, chacune avec son préfixe, quand les conditions d'exercice de votre activité le justifient. Encore faut-il une vraie raison, et le confort de classement n'en est pas une. Ce qui n'est jamais permis, c'est le trou : un numéro émis puis retiré. Pensez aussi à indiquer la date du versement de l'acompte dès qu'elle diffère de la date d'émission de la facture ; c'est une mention à part entière.

En revanche, rien ne vous oblige à rappeler la référence du devis sur la facture d'acompte. C'est une bonne pratique commerciale, ce n'est pas une obligation.

Facturer le solde sans compter la TVA deux fois

C'est l'erreur qui coûte le plus cher, et elle est presque invisible sur le document. Une fois le chantier fini, le réflexe est de refaire la facture complète du montant total, avec sa TVA. On écrit ensuite tout en bas « acompte déjà réglé, moins 1 200 € », et on arrive au net à payer. C'est faux.

Regardez ce qui se passe. La TVA de l'acompte a déjà été collectée et déclarée. Si la facture de solde recalcule la TVA sur le total de l'affaire, elle la collecte une deuxième fois sur la part déjà facturée. Déduire l'acompte tout en bas, en TTC, ne corrige rien : la TVA de trop est écrite sur la facture, donc elle est due. Et votre client, lui, ne peut pas déduire cette TVA facturée à tort.

La présentation juste tient en une phrase : l'acompte se déduit dans la base hors taxes, pas du montant à payer. La facture de solde reprend l'affaire, retranche ce qui a déjà été facturé avant de calculer la TVA, et ne collecte donc la taxe que sur ce qui reste. Elle doit aussi faire référence aux factures d'acompte, ce que la doctrine exige en toutes lettres : « la facture définitive doit faire référence aux différentes factures d'acomptes ».

Si l'erreur est déjà partie chez le client, elle ne se répare pas par une écriture comptable. Il faut lui envoyer une facture rectificative, ou un avoir, et c'est cette rectification qui conditionne la récupération de la taxe. Une note d'avoir n'est d'ailleurs pas un courrier commercial : dès qu'un document modifie une facture et y renvoie sans équivoque, c'est une facture à part entière.

Si l'affaire ne se fait pas

Le client se désiste après avoir versé son acompte. Vous avez déclaré la TVA. Que devient-elle ?

Elle se récupère, mais pas automatiquement. Le texte prévoit que la taxe collectée est imputée ou remboursée quand la vente ou le service est résilié ou annulé, à une condition ferme : que vous ayez rectifié la facture au préalable. Sans rectification envoyée au client, pas de récupération.

Reste à savoir quand l'affaire est réputée annulée. Ce n'est pas le jour où le client vous annonce qu'il renonce, c'est le jour où il se fait rembourser ses versements. Tant que vous gardez l'argent, l'annulation n'est pas datée.

Et si vous ne remboursez pas ? Alors il n'y a pas forcément de TVA à récupérer. Une somme conservée parce que le client s'est dédit n'est pas toujours le prix d'une opération : des arrhes gardées à ce titre sortent de la base d'imposition, mais un acompte conservé sur un contrat ferme n'a pas le même régime. La différence entre les deux se joue au moment du devis, et elle est traitée dans l'article sur le devis accepté.

L'acompte, depuis le devis accepté

Depuis un devis accepté, Faxio crée la facture d'acompte en pourcentage ou en montant, répartie entre les taux de TVA du devis. Plusieurs acomptes sont possibles, sans ressaisir une ligne, et chaque document reste rattaché au devis d'origine.

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Cette page est rédigée à titre d'information générale et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Elle décrit le droit en vigueur à la date de mise à jour indiquée. Pour une situation particulière, rapprochez-vous de votre conseil ou de votre service des impôts des entreprises.

FAQ

Vos questions, nos réponses.

Les questions qui reviennent le plus sur ce sujet.

01
La facture d'acompte est-elle obligatoire ?

Pour un acompte versé par un client professionnel, ou par une personne morale non assujettie comme une association ou une collectivité, oui : le code général des impôts impose qu'une facture soit émise pour les acomptes reçus. Pour un acompte versé par un particulier, l'obligation fiscale de facturation ne s'applique pas, mais elle reste vivement recommandée. Une note lui est due dès 25 € TTC, et sur des travaux immobiliers elle peut n'être remise qu'au paiement du solde.

02

Oui, dans les deux cas de figure aujourd'hui. Pour une prestation de services, la TVA a toujours été exigible à l'encaissement de l'acompte. Pour une livraison de biens, ce n'était pas le cas avant le 1er janvier 2023. Depuis cette date, l'acompte encaissé rend la taxe exigible immédiatement. Si vous êtes en franchise en base, vous n'affichez aucune TVA.

03

En déduisant l'acompte dans la base hors taxes, avant le calcul de la TVA, et non du montant à payer tout en bas. La facture de solde doit aussi faire référence aux factures d'acompte. Déduire l'acompte en TTC en pied de facture recollecte la TVA une seconde fois, et cette TVA de trop est due du seul fait qu'elle est écrite.

04

Non. Aucun texte ne fixe le montant d'un acompte ni ne le plafonne : les 30 % sont un usage commercial. Quelques situations font exception, notamment le contrat signé hors de vos locaux, qui interdit d'encaisser quoi que ce soit pendant sept jours, et l'achat financé par un crédit affecté, qui interdit tout acompte avant l'acceptation du crédit.

05

Pas forcément. Elle prend en général son numéro dans la même séquence chronologique continue que vos autres factures, et c'est le plus simple. Une série séparée reste admise si les conditions d'exercice de votre activité le justifient, à condition qu'elle soit elle-même continue. Ce qui n'est jamais permis, c'est le trou.

06

Elle est imputée ou remboursée, à condition d'avoir rectifié la facture au préalable, par une facture rectificative ou un avoir envoyé au client. Point important : l'affaire est réputée annulée au jour où le client se fait rembourser ses versements, pas au jour où il annonce qu'il renonce.

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